Evelyne lit, lectures du 3 février

Bonjour les lectrices, Je relance un petit échange autour de nos lectures du mois. Pour ma part, j’ai lu plein de choses intéressantes dont :

-Nature humaine de Serge Joncour : j’ai beaucoup aimé cette rétrospective des années 70, 80, 90. Ce sont “mes” années et j’ai pris du plaisir à me replonger dedans.

-Ces orages-là de Sandrine Collette : ce n’est pas mon préféré, j’ai moins aimé la fin, mais j’ai quand même dévoré ce livre !

-Brèves de solitude de Sylvie Germain : son dernier livre, qui parle du premier confinement. On croise plusieurs personnes dans un parc, juste avant le confinement. Elles ne se connaissent pas, ne se parleront pas, mais nous, on sait tout de ce qui leur passe dans la tête à ce moment-là. Le virus est déjà présent… On les retrouve ensuite, chacune dans son appartement, aux premiers jours du confinement. C’est une fine observation de l’humain à ce moment-là, servie par la langue toujours aussi belle de Sylvie Germain. Attention, je suis une inconditionnelle de cette auteur !

-Crénom, Baudelaire ! de Jean Teulé : j’ai eu un peu de mal à rentrer dans ce livre. Difficile de vivre avec un personnage si peu sympathique ! Et puis je me suis laissée prendre par la langue sans concession et si pleine d’humour de Jean Teulé. Et l’homme Baudelaire a réussi à me toucher. Je vous joins un extrait racontant, à la façon de Teulé, la première rencontre de Baudelaire avec son éditeur.

-Préférer l’hiver de Aurélie Jeannin : un premier roman impressionnant par son écriture, d’une incroyable évocation poétique. Deux femmes, la mère et la fille, vivent seules dans une cabane au fond des bois. On est en hiver. Tout le livre se passe dans la tête de la fille. Elle dévoile par petites touches les raisons de leur réclusion volontaire. Des drames, des deuils… L’hiver se passera dans un dépouillement de plus en plus complet, un retour à l’essentiel. On ne saura pas ce qui se passera après. C’est magnifique, ça fait beaucoup penser au livre de Jean Hegland : Dans les forêts.

Voilà ! A vous maintenant. Bises Evelyne

Monique lit

Stack of colorful books on blurred background

Merci Evelyne, tes livres lus me font envie..j’avais lu « Chien loup  » de Joncour que j’avais bien aimé  et Magnus de Sylvie Germain il y a longtemps déjà  aimé également …

J’ai reçu un livre particulier en cadeau à la fin de l’année  il s’agit de « De pierre et d’os  » de Bérengère Cournut  ,particulier par le style , il s’agit de l’histoire d’une femme inuit du temps ou ce peuple n’avait pas encore été spolié par notre société consumériste … cette femme s’appelle Uqsuralik, elle est encore enfant quand à la suite d’une fracture de la banquise , elle se retrouve seule et doit se débrouiller pour survivre dans le froid polaire la pénombre et les animaux et les esprits…

« Ce petit roman magnifique est à la fois complètement étrange car situé dans un lieu et dans une culture si éloignée de la nôtre et complètement familier  en ce sens qu’il parle directement à notre coeur profond d’humain. En plongeant dans l’univers d’Uqsuralik décrit avec une précision ethnographique et une beauté poétique, c’est vers nous-mêmes que nous allons. »


Et puis j’ai lu le prix littéraire des jeunes européens: » l’ile aux enfants  » de Ariane Dubois  qui relate une histoire vraie de notre belle France qui sous Régis Debré alors député de La Réunion  a organisé un enlèvement d’enfants pour repeupler les départements sinistrés de la métropole entre 1963 et 1982…Difficile mais nécessaire à entendre  .J’ai été touchée car c’est tout près de nous et encore largement méconnu .

Et puis un « policier »que j’ai lu d’un trait de Michael Connelly: »Sur un mauvais adieu  » une enquête sous haute tension,  un livre assez noir,plein de suspense ,et de tristesse   mais une enquête géniale d’après » le Washington Post »

Voilà Bonne lecture à toutes 

Marie-Claude lit

Contes d’hiver                  Karen Blixen

Bien sûr après « la ferme africaine » magnifiée par le film « Out of Africa » on est forcément un peu déçu. C’est un ensemble de contes vieillots tant par les thèmes que par l’écriture.

En attendant la neige   Christine Desrousseaux                               Calmann Levy

Au début l’histoire semble banale mais peu à peu se dessine l’intrigue. Le personnage de Vera se trouve enchevêtré dans une manipulation diabolique. Bonne étude psychologique, écriture moderne, histoire bien construite.

Se lit très facilement.

L’ourse qui danse            Simonetta Greggio                        Musée des confluences

C’est un conte « écologiquement correct ». Nous voici plongés dans le monde des Inuits. Le narrateur venu étudier en Europe retourne dans son pays d’origine retrouver sa vie d’avant, les coutumes, les croyances. Il doit chasser l’ours pour devenir un homme. La rencontre est sanglante et l’animal prend le pouvoir de le laisser ou non en vie. Une espèce d’union sacrée va s’établir.

Histoire intéressante dans la mesure où le réel se mêle au rêve.

Histoire moderne qui pose question sur les bouleversements écologiques, politiques, humains, énergétiques des contrées du grand nord.

Lecture très facile

Pour le plaisir, sur un autre ton « Animal » de Sandrine Colette, rencontre entre les humains et la vie sauvage, une maîtrise absolue de l’art du suspens.

L’homme en rouge         Julian Barnes                    Mercure de France

L’homme en rouge, peint par John Sargent en 1881 s’appelait Samuel Pozzi. Provincial inconnu il va devenir à Paris le médecin à la mode. Ce texte est une immersion dans la vie intellectuelle et mondaine de la « Belle époque ».

C’est vivant, riche de rencontres, d’échanges épistolaires, mais aussi de jalousies, de rancunes, de scandales, ponctués de multiples duels au pistolet. On y rencontre Baudelaire, Rostand, Proust, Degas, Monet, Wilde.

Dans ces cercles mondains, libertaires, sulfureux, on voyage, on va à l’opéra, à la comédie française, on arrange quelques beaux mariages.

Pozzi devient le médecin des célébrités, il est riche, chasse avec le président de la république.

Il voyage aux Etats Unis, perfectionne la chirurgie, se bagarre contre les idées religieuses rétrogrades, modernise la psychiatrie, fonde en France un hôpital sur le modèle américain.

Toujours séducteur effréné on dit qu’il est l’amant de ses patientes dont Colette et Sarah Bernhardt et d’autres nobles dames avec qui il fait de « joyeuses escapades ».

Il s’engage politiquement, devient député et le médecin de Dreyfus.

Il meurt assassiné dans son bureau à l’hôpital, tué de 4 coups de revolver tirés par un patient mécontent le 12 juin 1918. Toute la haute société sera à ses obsèques soulevant 1000 commérages.

C’est une histoire foisonnante, riche en découvertes, jamais ennuyeuse. Le narrateur, un anglais, jette un regard plein d’humour à cette joyeuse époque. Saluons le travail de recherche : échanges verbaux, dialogues venimeux, magouilles politiques, œuvres peu connues. Pour agrémenter le texte, des photos, des peintures : Sarah Bernhardt, Réjane, Conan Doyle, Verlaine, Marie Curie, etc…

Un vrai bonheur de lecture


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