10 mai

Avant dernier article!

Evelyne nous lit 7 haïkus évoquant 7 contes que chacun reconnaîtra. C’est un extrait d’un petit joyau qui s’appelle “Il était une fois… Contes en haïkus” Un petit bouquin à découvrir, pour les haïkus mais aussi pour les illustrations.

Zoé revient avec le « cri du coeur »! (esseulé)

Le Baiser de Francesco Hayez

C’est un couple qui s’aime mais que la vie confinée sépare.
C’est une lettre envoyée par l’Un à l’Une :

« Mon Ange, ma Douce, ma Belle… je sais ta tristesse mais je n’écraserai pas cette larme de toi entre mes doigts, je la laisserai glisser, et je la recueillerai dans le creux de mes mains.
J’y diluerai les couleurs de l’arc en ciel pour pouvoir y plonger mon pinceau et peindre ta bouche, ton sourire, tes yeux, ton visage.
Je ne t’oublie pas.
Ferme les yeux…
Je viendrai te voir le soir. A pas feutrés. Je serai invisible, silencieux et inodore.
Je tromperai tes chiens de garde.
J’escaladerai ton balcon sans que tu le saches. J’entrerai dans ta chambre et je me glisserai dans ton rêve. Tu ne seras pas seule. Puisque je serai là ; t’accompagnant dans tes songes à ton insu.

Ainsi, je défierai le temps qui passe, les distances qui s’étirent et ce « Confi-nœud-ment » qui risque de recaler notre histoire au rang de souvenir, usé par l’absence !

Ton impatience me le dit : le manque te creuse de l’intérieur, et un gouffre se dessine. J’aimerais que tu n’y glisses pas, stp, car je ne sais si j’aurai la force d’aller t’y chercher.

Puisque l’amour n’est pas sur la liste de « sorties autorisées », puisqu’il n’est pas une « course de première nécessité », alors ma Belle, ma Douce, c’est que l’heure est à une forme de résistance…
Je te demande de résister patiemment. Même si ce terme ne te va guère…

A l’instantané du téléphone, de la vidéo, je préfère t’écrire, et te faire vivre dans mes mots.
Et j’ai le temps de t’écrire et tu as celui de me lire…N’est ce pas exceptionnel ?

Est-ce que le monde n’est pas ainsi parfait ?

Ton impétueuse jeunesse s’impatiente et hurle le manque, l’impatience et se révolte.. : je le comprends, je le vis, j’en suis flatté…

Tu es jeune, je le suis moins.
Le temps devenu lent me va bien… il est à courtiser, à entretenir.
Il me ressemble.
Puisque le temps, je l’ai , alors je le prends . Pour t’écrire, comme je prenais le temps de te caresser.De t’aimer ; même dans le silence de nos vies séparées.
Je deviens peintre, je ferme les yeux et je redessine ton corps, ton visage du bout de mes doigts.
Je suis tailleur et couturier, je cherche dans les tissus qui m’entourent, le velouté de ta peau.
Je suis musicien, je réinvente ton rire et ta voix que je laisse résonner dans mon cœur…
Je suis parfumeur… et je ne retrouve dans aucune des fleurs de mon vaste jardin l’odeur de ta peau. Mais je cherche…

Le privilège de l’âge, c’est l’humilité, la patience, une forme de lenteur.
C’est un rapport étroit au temps qui passe et qui compose et décompose nos désirs, nos envies, nos priorités.
C’est apprendre à s’incliner devant la Vie. Après l’avoir usé en combats inutiles.

Je suis humble devant le temps qui passe et ces évènements qui nous sont imposés.
Je suis humble face à ton désir et à ton amour immense que je ne peux honorer et que j’ai peur de perdre, oui je l’avoue… humblement
Je suis humble devant ce temps qui nous est compté et notre amour dérobé.
Je suis humble face à mon visage et à mon corps qui vieillissent.
Je suis humble face à ce temps qui passe et contre lequel je ne peux rien.

Je suis humble et reconnaissant tout à la fois.
D’être encore là. De te connaître. De t’aimer. De t’attendre. De te rêver. De t’imaginer.
De t’espérer.
Le désir ne se nourrit il pas de l’attente ?
L’attente est longue… notre désir et nos retrouvailles n’en seront que plus intenses.
Puisque le manque nous aura creusé de l’intérieur et que nous aurons faim de le remplir ensemble.
Patience…nous nous retrouverons.

Et lis donc « L’amour au temps du choléra » de ce merveilleux Gabriel Garcia Marquez !!
« L’amour au temps du Covid » y fait piètre figure !

Prends bien soin de toi, ma Belle, je suis là.

Je t’embrasse. »

Zoé nous invite à écouter 2CELLOS – Smells Like Teen Spirit [Live at Sydney Opera House] après avoir lu son texte

J.C Bertrand, image et texte

des nuages sombres se percutaient dans le ciel blanc qui dégoulinait

les vagues ocres jouaient à un deux trois soleil

les tiges des courges se contorsionnaient sur les tuiles mécaniques qui frissonnèrent

une vache paradait sur le sable gris qui trembla

les cormorans s’ébrouaient

deux cargos glissèrent vers Sotchi

les buissons de thé ondulaient entre les femmes qui agitaient leurs ciseaux

puis le soleil fuse, les maïs s’envolent, les poules trébuchent et la poussière danse

les femmes s’échappent, les courges dévalent

les cormorans décollent, les rochers noirs sombrent

les buffles couchés sursautent lentement

le goudron fuit, les gouttes éclatent

je déambule, tu détalles, l’eau percute les maisons de bois

les lianes se chevauchent et les cosmos se martèlent

les voitures giclent

J.C Bertrand

Cécile et Michel : le salon de coiffure

Pascal nous livre d’autres vues du plateau, palette de bruns

Nous terminons notre confinement en douceur avec une ritournelle sifflée et chantée de Fabio.

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