29 avril

Zoé nous envoie un texte qui lui tient aux « tripes ». Merci beaucoup pour ce partage.

CONFI-NŒUD-MENT

Ma mère, à la fin de sa vie…
.. il y avait l’Italie qui se dessinait derrière elle. Comme une ombre tapie qui se serait dévoilée lentement à la mesure du temps qui passait.
J’ai été surprise la première fois que je l’ai vue.
Ma mère était assise sur le pas de sa porte, elle portait la blouse de sa propre mère, elle avait les mains posées sur ses genoux. Au repos. Et ce n’était pas commun.
Ses mains qui s’agitaient sans cesse, comme des oiseaux, pour parler, d’habitude, là elles étaient au repos. Oiseaux endormis. Mais nous n’étions plus dans « l’habitude ».
Car d’habitude nos mains se parlent mais aussi s’étreignent. Mais là, il n’y avait lieu d’étreindre personne.
On se parle sans s’approcher, 2 mètres de distance de sécurité. Moi avec mon masque et mes gants en plastique, je l’écoute : Elle me parle de son quotidien confiné, doux et inquiet.
Elle me parle avec un léger sourire, censé me rassurer (elle ne veut jamais m’inquiéter), mais la solitude et la peur creusent un gouffre dans lequel elle glisse doucement. Est-ce que c’est de ce gouffre qu’est sorti, son pays natal, l’Italie ?
En quelques instants, je la vois, je la perçois la jeune femme italienne, qu’elle était. Est-ce à ce moment-là qu’elle s’est mise à parler dans sa langue natale ? Je ne sais plus. J’étais « interdite ». D’accès à elle au présent, mais pas à sa mémoire visiblement …
J’ai vu l’italienne qu’elle était, qu’elle avait été, qu’elle aurait été, si elle était restée dans son pays. Peut-être. Et j’ai vu la faille, la cassure, la brisure. Le drame de l’exil, à travers ce mélange des mots et des langues dans sa bouche.
Elle me parle d’une voix douce et monocorde. Elle me raconte … quoi, au juste… je n’entends rien. Mais je la comprends ; je comprends tout ce qu’elle dit, que ce soit en français, en italien et en patois. Je suis fascinée par l’ombre délicate qui se détache d’elle.
Une autre peau, une autre histoire venue hanter ma mère, dans ces derniers instants ? Un dernier rempart de l’égo né d’une solitude subie?
J’ai pensé « Mince, mais elle est encore là, elle ? L’Italie ne l’a donc jamais quittée ? »
Et aussi : « On dit qu’en vieillissant, à l’approche de la mort, on retourne en arrière lentement, et qu’on redevient un enfant. On « retombe » en enfance. » (Pourquoi « tomber », d’abord ? On tombe amoureux et on retombe en enfance. Dans tomber, retomber, il y a « tombe », je trouve ça louche…)
La vie serait un cercle et ce cercle aurait la forme d’une graine, qui un jour vient se planter quelque part, dans une terre. Et puis de cette graine naît un arbre, qui déploie ses branches le temps d’une vie. Et puis l’arbre cesse de grandir, et à la différence de l’arbre, il se replie peu à peu, il diminue, se tasse, rétrécit, et revient à l’humble forme de la graine. En attente.
Jusqu’à ce qu’une nouvelle brise la porte quelque part, cette graine, vers une autre terre pour prendre racine et inventer une forme nouvelle, saluer cette vie qu’on crée, avant d’y renoncer.
La vie est un cycle qui a la forme d’une graine.
Alors lorsque je perçois l’Italie de ses origines derrière ma mère, j’ai peur…
Lorsque je l’entends mêler des mots d’italien à son français sans s’en rendre compte, j’ai peur…
Je me demande à quelle « stade de la graine » ma mère en est et j’ai peur…
Parce que cette graine, avant qu’elle ne s’envole, j’aimerais la caresser une dernière fois, la saluer une dernière fois, lui dire, « merci pour tout » et aussi « Ciao, Bella »…
Et la confier moi-même au vent pour qu’il l’emmène ailleurs.
Et que par ces temps étranges où chacun doit rester chez soi pour protéger les « autres » (mais lesquels ??), je ne suis pas sûre de pouvoir le faire.

Zoé.

A la baraque TV nous avons recueilli des paroles d’immigrés italiens, nous vous en proposons 2 ci-dessous.

Marie-Claude du groupe « C’est celui qui dit qui lit » nous offre un extrait du K de Buzzati

Auteur célèbre pour son roman « le désert des tartares ».

Le K est un recueil de 50 contes fantastiques qui oscillent entre une réalité absurde et une imagination débordante, comme l’extrait  « La création » où l’humour n’est jamais bien loin.

Aude et son épisode 10 du tour de la Méditerranée

10ème escale… tututu tutututu!!!!!!!!!!🎺🎺🎺!!!! Elle se doit d’être top l’escale, qui dit dix, dit WAHHHH!!!!!!!
Alors, où nous étions nous quittés… Ah oui! La soirée stambouliote. Vous savez pourquoi je reviens dessus? Bein juste parce que j’aime ce mot. Stambouliote. Il est entre Stromboli, tambouille et bouillotte. Et même pas je l’ai inventé (ce qui est rare).Bref, en un mot: TOP la soirée stambouliote!

Ce matin, nous sommes plus à l’Est que jamais. Jamais je me suis sentie aussi loin de moi que là. Vivement qu’on bifurque et qu’on retourne vers moi, à l’Ouest!
Je fais là une petite pause narrative. Je préviens les obsédés du Globe. Par oculaire. Le Globe Terrestre. En résumé, les géographes quoi. En temps habituels, j’invente les mots. Et bein là, il se peut que la géographie soit légèrement réinventée à partir d’aujourd’hui. Et si je voulais que la Terre soit plate, elle le serait. C’est qui le Chef ici??!!Vous voulez savoir où nous avons accosté ce matin hein??!! Je vais vous dire, c’est un lieu de rêve pour moi. Mais de rêve dans le sens de mythique. L’endroit dont je me suis toujours dit: avant de mourir, je veux l’avoir vue. Mais ne vous inquiétez pas, je ne la vois pas aujourd’hui pour pouvoir mourir demain: y’a pas d’iceberg en Méditerranée!

Bref, aujourd’hui, Chouchou et moi sommes…

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à Petra!
Et je ne peux pas résister plus longtemps. Il faut que je vous présente le guide du jour. Celui pour qui j’ai récupéré le disque de Phaïstos:                                                                                      Indiana Jones !


Et j’ai craqué sur lui… il y a bien longtemps! Alors à visite mythique, guide iconique!


                      Parce que sérieux, vous m’imaginez avec celui-là ?


Voilà le taxi qui est venu nous chercher ce matin, sur le port.
Eustache n’a jamais voulu monter. Il a préféré nous suivre à pattes .

Il était tellement heureux d’être dans le sable, qu’il a fait SuperChouchou le Bichon qui vole!

Avec le disque de Phaïstos, Indi a pu nous mener dans des bâtiments de l’ancienne cité qui n’avaient jusque là jamais été explorés. Ce disque était la fameuse clé qui lui manquait. Encore une victoire de Canard cette affaire…
Nous avons trouvé tout un tas de petites babioles en or massif incrustées de pierres toutes plus précieuses les unes que les autres. Nous les avons toutes inventoriées, soigneusement emballées, pour les chourer? Nan mais quand même!! Nan, leur place est dans un musée, bien entendu! Je suis avec Indiana, pas Arsène Lupin!
Difficile de trouver de quoi manger dans ce coin. Alors je nous ai fait installer un petit espace de pique nique.
Le luxe, oui, mais dans la simplicité sacrebleu!

Mes trois mousquetaires de coachs étaient là bien entendu. Et ont été comme moi, scotchés par ce lieu. C’est toujours épatant de voir en vrai ce qu’on a regardé si longtemps dans les brochures… Et j’ai été bercé à la brochure, c’est le problème!

C’est épuisés par la chaleur, par les secousses de chameaux, mais la tête tellement pleine d’images que Indi nous a raccompagnés au bateau. Il n’a pas voulu rester pour le diner, il a dit qu’il avait un avion à prendre.
Du coup, ce soir, petite séance de stretching avec Coach Usain, puis dans ma robe Elie Saab, une petite soirée sans prétention est prévue. Une petite soirée après une grande journée? Qui vivra verra!
To be continued

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De plus en plus de mails arrivent pour des partages, nous les mettrons en fin d’article, aujourd’hui Zoé, oui celle du texte là-haut, nous propose cette captation musicale d’Arturo Márquez – Danzón No. 2 (Alondra de la Parra, L’Orchestre de Paris)

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